mercredi 13 septembre 2017

Nous sommes arrivés sur terre il y a 5.000 ans

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Victor Ginsburgh

Je suis un fervent lecteur d’un site web intitulé “Quora Quest” sur lequel n’importe qui peut poser des questions et n’importe qui peut répondre, mais ce sont généralement des scientifiques, parce que les questions le sont souvent. Je donne comme exemple les questions posées et auxquelles il y avait des réponses le 24 juillet 2017 :

Est-ce que la Rome antique était aussi grande que la montrent les films ?
Pourquoi les particules ont-elles une charge ?
Quelles sont les cinq choses que peut faire quotidiennement un individu pour être heureux ?
Pourquoi les électrons ne se crashent-ils pas dans le noyau ?
Quel genre de livres Warren Buffet lit-il ?
Quelle suggestion auriez-vous pu vous faire il y a dix ans ?
Quelles raisons peut-on invoquer pour suggérer que l’intelligence est répartie de façon égalitaire dans le monde ?

Mais la plus jolie de ce jour-là était la suivante :

Selon la Bible, l’humain est apparu sur terre il y a quelque 5.000 ans, ce qui me semble correct. En quoi n’ai-je pas raison ?

Robotisation et fiscalité

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Pierre Pestieau

Beaucoup s’inquiètent de l’arrivée massive des robots dans nos économies. La principale crainte concerne l’emploi. De nombreuses Cassandre annoncent des pertes d’emploi massives et partant un chômage structurel sans précédent. D’autres appréhendent une société où le robot prendrait le contrôle de notre vie à la manière de Hal (Carl dans la version française), l’ordinateur de bord dans le chef d’œuvre de Stanley Kubrick, 2001, l'Odyssée de l'espace. Une autre source d’appréhension touche à la réduction des assiettes fiscales traditionnelles à commencer par la masse salariale qu’il serait difficile de compenser par une taxation des robots. C’est à cette crainte que je voudrais consacrer ce blog.

jeudi 7 septembre 2017

Mondialisation et populisme

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Pierre Pestieau

Dans un récent article (1), l’économiste américain Dani Rodrik étudie l’émergence des mouvements populistes en Europe et en Amérique. L’argument central de son article est que la mondialisation dans son stade avancé se prête à une réaction populiste, lequel peut prendre différentes formes selon les fractures sociales que les politiciens peuvent utiliser en exploitant les courants anti-establishment. Par stade avancé de la globalisation, qu’il appelle hypermondialisation, il veut dire que les gains d’efficacité ne réussissent pas à compenser les pertes redistributives. On trouvera du populisme de gauche là où l’impact de la globalisation se manifeste dans les domaines de la finance, du commerce et de l’investissement international. En revanche, le populisme de droite apparaîtra là où la globalisation se traduit  par de l’immigration et particulièrement l’afflux de réfugiés.

Un pied de nez aux murs

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Victor Ginsburgh

Bosco Sodi, un artiste d’origine mexicaine, a obtenu l’autorisation de construire un mur de briques rouges dans le Washington Park, à New York City. La construction de ce mur sera entamée bien avant celui que Donald Trump se propose de construire le long de la frontière mexicaine, puisque les premières briques seront posées ce 7 septembre 2017, c’est-à-dire  aujourd’hui. Il sera moins long, pas plus de dix mètres et sera aussi moins éternel que le mur de Trump, pour autant qu’il arrive à ses fins.

L’œuvre intitulée Muro est la première œuvre publique et politique de l’artiste et pour qu’elle soit plus politique qu’artistique, il préfère qu’elle ne vive pas trop longtemps, sans quoi elle pourrait devenir une œuvre d’art. Muro pourra donc être démonté brique par brique durant la nuit du 7 au 8 septembre par les visiteurs qui, s’ils le désirent, pourront emporter une des 1600 briques signées dont le mur sera constitué. Le maire de New York a promis de venir chercher sa brique.

lundi 4 septembre 2017

Un message dans une bouteille

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Victor Ginsburgh

Commençons par une bien jolie histoire.

C’est le Jerusalem Post du 21 août 2017 qui la rapporte. La dépêche vient de Gaza et raconte la prise surprenante durant l’été du pêcheur palestinien Jihad al-Soltan : un message dans une bouteille trouvée dans ses filets au large de Gaza.

La bouteille avait fait son petit chemin de près de 800 Km dans la Méditerranée. Elle provenait de l’île grecque de Rhodes où elle avait été mise à l’eau par un couple de vacanciers britanniques en juillet.

Le message mentionne l’adresse email des expéditeurs Beth et Zac : “Nous sommes actuellement en vacances à Rhodes et aimerions savoir jusqu’où ira cette bouteille, même si elle s’échoue simplement sur une plage voisine.”

Le pêcheur gazaoui a fait part de sa découverte à Beth et Zac, qui lui ont répondu : “Hello, merci d’avoir trouvé la bouteille. Nous vous envoyons des fleurs magiques”.

Amour et longévité

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Pierre Pestieau

Dans mon enfance, il arrivait souvent que le dimanche au sortir de la messe, ma grand-mère et dans une moindre mesure, mes parents fassent des réflexions sur les mariages qui se préparaient. Les commentaires sur les jeunes femmes portaient sur leur beauté mais aussi sur la largeur de leur bassin, gage de naissances nombreuses et faciles. Pour les garçons on parlait plutôt de leur métier mais aussi de leur éventuel penchant pour la boisson. Autre thème favori, les éventuelles tares familiales.

Il y a quelques 25 ans, j’assistais à un séminaire donné par un économiste de qualité. Il nous présentait un modèle de mariage. Pour les femmes, ce qui comptait, c’était leur capacité de « faire » des enfants et pour les hommes, c’était leur capacité de faire de l’argent. C’était là deux caractéristiques que l’on ne découvrait qu’avec du temps, la première plus rapidement que la seconde. A la suite d’un petit exemple numérique, il concluait que l’âge optimal du mariage était de 27 ans pour les hommes et de 24 pour les femmes. J’en éprouvais une grande satisfaction puisque c’étaient les âges que ma femme et moi avions lorsque nous nous sommes mariés.

mardi 27 juin 2017

Les fractures sociales

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Pierre Pestieau

Dans un précédent blog, j’ai traité du lien existant entre la fracture sociale et le vote populiste. J’aimerais ici approfondir ce concept de fracture sociale. La fracture sociale est certainement un concept mais surtout une réalité qui gangrène nos sociétés depuis plusieurs décennies. Elle est à l’origine du climat délétère qui pèse sur nos démocraties. Un climat dominé par la défiance, défiance à l’égard d’autrui et plus particulièrement à l’égard de toute forme d’autorité.

La fracture sociale est avant tout une réalité complexe et c’est cette complexité qui empêche de la combattre efficacement. Chacun a sa propre définition du concept et pour la mesurer on choisira des dimensions différentes.

L'oeuf, le sperme et l'antiféminisme primaire

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Victor Ginsburgh

Pourquoi celui qui, dans un couple, exerce moins d’activité, s’occupe-t-il davantage du ménage et des enfants et pourquoi le « celui » en question est-il presque toujours une femme, ce qui ne fait que renforcer, dit-on, le cercle vicieux du « je travaille moins, donc je suis censé(e) m’occuper des enfants et du ménage, donc je gagne encore moins, parce que même si je ne travaille pas moins, l’entreprise qui m’emploie croira que je porte moins d’attention à mon travail ». Et même quand la femme travaille moins, à l’heure de travail elle gagne moins que l’homme qui exerce le même emploi.

mardi 20 juin 2017

« Tu enfanteras dans la peine » et son étrange effet sur notre évolution

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Victor Ginsburgh

Après la tentation malheureuse du serpent dans le jardin d’Eden, voici ce que YHVH a dit à la femme : « Je multiplierai, je multiplierai ta peine et ta grossesse, dans la peine tu enfanteras des fils » (Genèse 3, 16). Il a ajouté d’autres choses pas toujours très aimables pour la femme comme : « A ton homme, ta passion : lui, il te gouvernera » mais s’est un peu rattrapé en disant à l’homme « A la sueur de tes narines, tu mangeras du pain jusqu’à ton retour à la glèbe dont tu as été pris. Oui, tu es poussière, à la poussière tu retourneras » (Genèse 3, 19) (1).

Mon propos ici est le pourquoi de l’enfantement dans la souffrance et le comment l’être humain a changé les choses grâce à (ou à cause de) la césarienne, qui elle-même est en train de changer l’évolution de l’être humain. Mais comme dans la Genèse, commençons par le commencement.

Quelques réflexions sur les paradis fiscaux

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 Pierre Pestieau

Optimisme béat.
Parmi mes collègues, spécialistes des finances publiques, j’entends souvent dire que les paradis fiscaux sont en voie de disparition suite aux récents accords initiés par l’OCDE. Les Etats procèderaient à des échanges d’information qui rendraient difficile, voire impossible, la fuite cachée des capitaux. C’est oublier que les institutions financières ont dans la fraude comme dans l’évasion fiscale un coup d’avance sur les Etats nations. Ainsi Gabriel Zucman (1) qui est sans doute le meilleur spécialiste des paradis fiscaux montre que les capitaux se sont déplacés des pays couverts par les traités vers les pays qui ne le sont pas, laissant le volume de la fuite des capitaux inchangé, si ce n’est augmenté.

jeudi 15 juin 2017

D’une fracture raciale à une fracture sociale. Pauvre Mandela

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Pierre Pestieau

Johannesburg, Jobourg, pour les intimes. Le nouveau quartier d’affaires ou les hôtels cinq étoiles, flambant neufs, se disputent le ciel avec les grandes banques de tous les pays. Au milieu, une oasis couverte de verre avec les boutiques les plus chics que l’on puisse imaginer, Rolex, Prada, Vuitton et autres Burberry et je suis sûr que j’oublie les meilleures. Au centre une petite place, le Nelson Mandela square,  dont l’accès est protégé partout par des gardes privés. Au centre de ce square une imposante statue de Mandela de 6 mètres de haut, qui n’a rien à envier aux nombreuses statues de Lénine qui peuplaient l’Union Soviétique. Que doit-il penser de tout ce luxe qui jure dans une société qui tout en continuant à le vénérer est désespérée de son avenir.

70 idées propagées par les économistes, mais qu’il vaut mieux brûler

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Victor Ginsburgh

Après ma défense des économistes la semaine dernière, je peux tout autant parler de leurs idées saugrenues. Un ouvrage dont le titre Idées économiques que vous pouvez oublier (1) vient me sauver, je ne dois pas inventer. Septante (soixante-dix, pour être sûr d’être compris) économistes y ont contribué. Chacun d’eux avait deux pages pour parler de l’idée ancrée qu’il voulait néanmoins attaquer et montrer fausse ou ridicule. En voici sept qui révèlent que ce petit livre d’un peu plus de 150 pages est bourré d’idées salutaires.

jeudi 8 juin 2017

Les torts, mais aussi quelques bienfaits, des économistes

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Victor Ginsburgh

Dans un article du 29 mai, le Professeur Johan Lambrecht (1) s’est fâché contre les économistes parce qu’ils n’ont pas vu venir la grande récession en 2007. Ils manquent de réalisme et de sens pratique, écrit-il, font des mathématiques illisibles et sont arrogants. Je suis en partie d’accord, mais voudrais quand même prendre, cette fois-ci en tout cas, leur défense.

Parce qu’on ne demande pas non plus à un cancérologue de guérir tous les cancers. Ni à un astronome de nous donner un décompte du nombre d’étoiles que nous voyons briller dans le ciel. On ne demande pas à un météorologue d’éloigner les orages qui inondent nos caves et les vents violents qui font tomber des arbres, et on ne demande pas à un astrophysicien de s’arranger pour que la terre ne tombe pas un jour dans un trou noir. L’astrophysicien vous répondra d’ailleurs qu’il n’est même pas sûr que les trous noirs existent.

Fracture sociale et vote populiste

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Pierre Pestieau

La fracture sociale est une expression qui est surtout utilisée en France même si sa réalité dépasse les frontières de l’hexagone. Elle désigne généralement le fossé séparant une certaine tranche socialement intégrée de la population d'une autre composée d'exclus. Il est admis que les victimes de la fracture sociale, les oubliés de la mondialisation, les clients du populisme se retrouvent parmi les plus démunis de notre société et pourtant il serait erroné de prendre le revenu comme seule caractéristique de ces situations. En d’autres termes la pauvreté financière n’est pas une condition nécessaire ni suffisante pour faire partie de ceux qui se sentent ainsi exclus. Bien plus important, il y a l’élément de ressenti, par exemple le sentiment que l’on a moins que ce à quoi on s’attendait, qu’on est moins bien loti que le voisin ou le parent proche qui n’a pas plus de mérite que soi, ou encore que son emploi est menacé, voire supprimé, du fait d’une délocalisation réelle ou annoncée de son entreprise ou d’une décision inexpliquée d’un gouvernement central jugé distant et animé par des technocrates arrogants.

jeudi 1 juin 2017

Ah si!

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Pierre Pestieau

Imaginons un instant qu’il soit possible de connaître le coût réel des biens et des services que nous consommons journellement et que l’on puisse tenir compte de ces coûts dans les prix du marché. Ce sont là certes deux fortes hypothèses, mais pas plus irréalistes que celle d’une fée qui eut transformé une citrouille en carrosse.

La première implique que le prix d’un voyage à l’Ile Maurice ou de haricots importés du Kenya incorpore aussi le coût réel que le transport en avion (dont la pollution) impose à la planète. La seconde hypothèse suppose que les Etats soient capables aux travers de taxes ou de subventions correctives d’intégrer ces coûts dans les prix.




mercredi 31 mai 2017

Trump redécouvre la courbe de Laffer

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Victor Ginsburgh

Notre Donald est devenu international (international en américain) depuis son incroyable (unbelievable, amazing, fantastic, great) tournée de la semaine dernière pendant que quelques-uns de ses esclaves préparaient le budget à Washington.

Figure 1. La vraie fausse courbe de Laffer, dommage pour la serviette
Le titre d’un article du NYT (1) paru avant la fabrication du budget, prévoit bien les choses : « Les réductions d’impôts seront sans doute plus dommageables que celles de Reagan ». L’auteur de l’article était à l’époque un jeune journaliste en charge de la question, et a donc vécu de près les réductions d’impôts gigantesques (huge, gigantic) justifiées par un certain Arthur Laffer qui avait dessiné une courbe sur une serviette lors d’un dîner avec un autre Donald (Rumsfeld, lui aussi de sinistre mémoire) qui a d’ailleurs aussi été conseiller de Donald international (international) lors de sa campagne électorale.

Que dit cette courbe ? Lorsque le taux de prélèvement sur les revenus du travail, est égal à zéro les impôts récoltés sont évidemment nuls. Si le taux est égal à 100 pourcent, plus personne ne travaillera, et la recette sera nulle aussi. Entre ces deux taux extrêmes, la recette fiscale commencera par augmenter pour atteindre un maximum (dans des cas bien particuliers, voir plus loin), et diminuera si le taux devient trop élevé. Il faut dans ce cas, dit Laffer, diminuer le taux d’imposition et comme par miracle disent en chœur Laffer, Reagan et Trump, la recette augmentera (toutes autres choses étant égales). Ils font évidemment tous l’hypothèse que le taux existant est supérieur au taux où la courbe atteint son maximum.

mercredi 24 mai 2017

C’est la fête en Israël : Un colon tue un Palestinien et célèbre sa victoire en distribuant des chocolats

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Victor Ginsburgh

Ce 18 mai 2017, un colon israélien distribue des chocolats aux chauffeurs des voitures israéliennes qui passent. C’est gentil, sauf que c’est pour se féliciter et se fêter d’avoir abattu un Palestinien tout près du village de Huwwara dans les territoires occupés (1).

Faut-il s’en étonner ?





Les risques des nouveaux tests génétiques

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Pierre Pestieau

Le New York Times (1) relatait récemment l’histoire d’une femme de 72 ans qui venait d’acheter une assurance dépendance coûteuse et généreuse après avoir appris grâce à un tout nouveau test génétique que la probabilité qu’elle souffre de la maladie d’Alzheimer était beaucoup plus élevée que pour la moyenne des Américaines ayant ses caractéristiques observables. Ce test encore largement méconnu coûterait moins de 200 euros; il permettrait de savoir si la personne testée est porteuse du gène ApoE4, auquel cas la probabilité de développer la maladie d’Alzheimer serait très élevée.

jeudi 18 mai 2017

Manger ou être mangé

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Pierre Pestieau

L’Ile Maurice (1) et le Brésil ont un point commun. L’une et l’autre furent d’abord brièvement colonisés par les Hollandais. Les Hollandais font une courte apparition sur l’île et leur trace la plus visible, si l’on peut dire, est qu’ils contribuèrent à l’extinction du fameux Dodo, cet oiseau qui ne vivait que sur l’Ile Maurice. Du fait de l’absence de prédateurs, le Dodo avait perdu son aptitude au vol car il n’avait pas besoin de se fatiguer pour se nourrir. Il pouvait peser jusqu’à 40 kg et sa chaire était délicieuse. Elle séduisit les navigateurs bataves à tel point qu’après quelques décennies il disparut de la carte à la fin du 17ème siècle. Ceci c’est de l’Histoire.



mercredi 17 mai 2017

Vade Mecum d’un nouveau Président

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Victor Ginsburgh

Le comité éditorial du New York Times (1) vient de publier un guide de comportement du Président Américain. Vous me direz « on sait tout ça », mais quand on les met bout-à-bout, cela fait vraiment beaucoup, plus que les doigts d’une main, plus que les 24 lettres de l’alphabet, et tout cela en trois mois à peine. Voici la liste dans laquelle n’importe quel nouveau Président et/ou Premier Ministre peut gentiment piocher. Chaque proposition de la liste est cliquable, ce qui vous permettra de réaliser que ce qui est écrit n’est pas tout à fait une vraie fausse nouvelle ou inversement :

mercredi 10 mai 2017

Vivons-nous dans un monde où l’apparence importe ?

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Victor Ginsburgh

Golda
Dans ma folle jeunesse du temps où j’étais professeur, j’ai eu le privilège de tester les connaissances en comptabilité (un de mes enseignements à l’époque) de Golda Meir, Marylin Monroe et Xanthippe, l’horrible épouse de Socrate. Il faut reconnaître que Xanthippe et Golda n’étaient pas particulièrement belles et ne ressemblaient pas tout à fait à Marilyn. Bien entendu, et malgré ma profonde probité intellectuelle, Marilyn est sortie de l’examen oral avec 19/20 (parce que 20/20 était quand même un peu trop), la moins belle Golda avec 8 et l’horrible Xanthippe avec 6. Et c’est un fait souvent observé dans notre société, que la beauté est considérée comme un signe d’intelligence et de réussite future. A tel point, que la chose a commencé à être étudiée de façon « sérieuse » depuis de longues années et est recensée dans les ouvrages de la psychologue Hakim (2011), Honey Money: Why Attractiveness is Key to Success et de l’économiste Hamermesh (2011), Beauty Pays: Why Attractive People Are More Successful, qui a montré que la beauté est un élément plus important dans la réussite pour les hommes que pour les femmes, ce qui est évidemment contraire aux impressions qu’ont les machistes et leurs « blagues » sur les belles blondes.

Un île de convivence

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Pierre Pestieau

L’Andalousie et la ville d’Alexandrie ont connu pendant un certain temps une remarquable “convivence” entre les communautés qui les peuplaient: les juifs, les chrétiens et les musulmans. Cet âge d’or de la tolérance et du respect mutuel, nous le regrettons. Nous vivons aujourd’hui dans des sociétés de défiance et d’intolérance. Les Espagnols ont utilisés le mot “convivienca” pour designer cette belle entente dans une Andalousie heureuse, où savants juifs, chrétiens et musulmans devisaient paisiblement, ou des gens de confessions différentes se côtoyaient harmonieusement.
Cette partie méridionale de l’Espagne aurait été au Moyen Age le lieu par excellence d’un métissage heureux. Là aurait existé une Espagne des trois cultures où les monothéismes seraient parvenus à coexister en bonne intelligence, voire à entretenir une féconde collaboration. Un modèle pour notre présent.

jeudi 4 mai 2017

Une médecine à deux vitesses

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Pierre Pestieau

En parcourant la presse, on rencontre deux types de déclarations à propos de l’iniquité  de nos systèmes de santé. Des déclarations tantôt martiales : « On ne peut pas accepter qu'il y ait une médecine à deux vitesses », tantôt résignées : « On n’échappe pas à une médecine à deux vitesses ».
Qu’entend-on par là et quelle en est la réalité ?

L'expression « système à deux vitesses » désigne, normalement de façon péjorative, la concurrence néfaste d'un service privé parallèle à un service public et, partant, l'érosion de la qualité et de l'efficacité du service public. L'expression est surtout utilisée en santé mais elle s'applique aussi à plusieurs autres services publics tout particulièrement l’enseignement.

Rrose Sélavy, un parfum créé par Marcel Duchamp

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Victor Ginsburgh

On vient d’ouvrir un nouveau musée, le Grand Musée du Parfum. A Paris, rue St Honoré comme il se doit. Vous pouvez y renifler des parfums depuis celui utilisé par Cléopâtre pour ensorceler Jules César et le retenir en Egypte, mais pas suffisamment pour l’empêcher d’envahir la Gaule et de trouver que de tous les peuples de la région, ce sont les Belges qui sont les plus braves et qui sentent [en belge] « les plus bons ». Vous pouvez aussi y respirer de la marijuana, de l’absinthe et des odeurs « libertines » dans un boudoir ad hoc.

Mais il n’y a rien de très neuf, parce que dès le début du 20e siècle (et peut-être bien avant), l’art lui-même s’est mis à sentir

jeudi 27 avril 2017

Ah, combien la guerre est simple à éviter

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Victor Ginsburgh

La vie était belle dans la Confédération Helvétique du temps où Hitler s’amusait à envahir l’un ou l’autre de ses voisins. Pour se protéger, relate l’écrivain (et architecte) suisse Max Frisch (1), dans un ouvrage délicieusement rafraîchissant sur son service militaire, la Suisse utilisait la tactique de guerre suivante :

     « tous les panneaux indicateurs avaient été enlevés afin que l’ennemi s’égare et qu’il ne puisse pas voir comment, à partir de tel endroit, on peut aller à Erlenbach ou à Küssnacht. Il n’aurait même pas pu, avec sa voiture blindée, rouler jusqu’à un kiosque pour se procurer une carte topographique ; les cartes avaient été retirées de la vente et la population était résolue à ne donner aucun renseignement à quelqu’un qui ne parle pas notre patois [le Schwiizerdütsch] ».

La Suisse n’a d’ailleurs pas été envahie, ce qui est une preuve, même si elle est seulement indirecte, que c’était la bonne tactique de la part d’un peuple qui, depuis Guillaume Tell, n’avait que des arbalètes pour se défendre.


Il y a aussi d’autres moyens. Par exemple regarder méchamment l’ennemi comme le suggère Andy Borowitz dans son trait humoristique du The New Yorker (2) sous le titre (approximatif) de « Mike Pence jette le mauvais œil sur la Corée du Nord ».

La pauvreté des enfants. Pour une politique biface

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Pierre Pestieau

Il est régulièrement question de la pauvreté des enfants dans la presse. Elle est généralement nettement plus élevée que la pauvreté de l’ensemble de la société. Elle choque l’opinion un certain temps, le temps qu’un quelconque buzz la fasse oublier. Rappelons la manière fort imparfaite avec laquelle elle est mesurée. Sur base d’enquêtes sur le revenu des ménages, on calcule le revenu équivalent des membres de chaque ménage. Tout ménage ayant un revenu inférieur à une fraction du revenu médian sera déclaré pauvre. Typiquement cette fraction est de 60%. On prend alors l’ensemble de la population de moins de 18 ans et la fraction de ces jeunes qui appartiennent à des ménages pauvres sera considérée comme le taux de pauvreté parmi les enfants. Prenons une famille composée de deux parents et de deux enfants de moins de 14 ans. Supposons que les parents aient ensemble un revenu qui correspondrait au seuil de pauvreté.  Pour une personne isolée, le seuil de pauvreté en Belgique est de 1.083 € par mois en 2015. Partant du principe que les membres d’un ménage partagent les charges et les dépenses, un deuxième adulte dans un ménage se voit appliquer un facteur de 0,5 dans le calcul du seuil de pauvreté . Cela donne un seuil de 1.625 € pour les les deux parents. Avec deux enfants ils ont droit à des allocations familiales de 262 € par mois, ce qui donne pour cette famille un revenu de 1.887€. Or on considère que chaque enfant entraine des couts équivalents à 1/3 du revenu d’une personne isolée. Ce qui veut dire que le seuil de pauvreté d’un ménage composé de deux adultes et de deux enfants est égal à 2.274 € par mois. On le voit les allocations familiales ne permettent pas à cette famille d’éviter de tomber sous le seuil de pauvreté. Il me semble donc essentiel d’ajuster les allocations familiales pour éviter cette trappe à la pauvreté. Il me semble aussi crucial de ne pas différentier les allocations selon le nombre d’enfants. En général, elles sont plus faibles pour le premier enfant ; d’ailleurs en France, elles sont nulles pour ce malheureux enfant unique. La raison est que l’on veut stimuler la fécondité mais à quel prix et avec quelle efficacité ?

jeudi 20 avril 2017

Pertinence contre excellence

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Pierre Pestieau

Il y a peu, j’ai eu l’occasion de faire partie d’un jury qui sélectionnait des projets de recherche en économie. Les candidats faisaient partie du gratin des jeunes économistes résidant dans l’Union européenne. Le jury était composé d’universitaires de qualité venant d’Europe et des Etats Unis.

Deux spécificités m’ont frappé dès l’abord : les thématiques de recherche et les critères de sélection. Les sujets de recherche étaient le plus souvent très éloignés de ce que je considère être le cœur de l’économie. Plusieurs projets portaient sur les normes, les valeurs, la guerre, la paix, les aspirations, les règles de vote, thèmes plus proche de l’anthropologie, de la psychologie et de la science politique que de l’économie. Le chômage, la pauvreté et la stagnation étaient absents alors que ce sont là les problèmes qui taraudent les sociétés européennes.

Le vote des Turcs Belges

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Victor Ginsburgh

Les travailleurs autrichiens remercient le Führer
Je suis né en mars 1939, peu avant le début de la guerre 40-45. Je ne dirai pas que je me souviens de ce qui s’est passé, mais il m’a souvent été raconté que mon oncle, autrichien, et en fait tous les hommes autrichiens, allemands et italiens, juifs ou pas juifs, qui vivaient au Congo belge, et au Rwanda Burundi à ce moment-là, ont été « internés » parce que pas belges, mais plutôt ennemis. Bien sûr, c’était un internement très modéré, qui n’a pas duré très longtemps. Quand le ministère belge des Affaires Etrangères s’est rendu compte qu’ils n’étaient sans doute pas des ennemis, ils ont été « libérés », mais devaient quand même se présenter tous les matins à ce qui, à l’époque, s’appelait l’administration territoriale, pour faire la preuve qu’ils n’avaient pas pris les armes contre la patrie dont ils ne faisaient pas partie, puisqu’ils n’avaient pas la nationalité belge. Et, comme enfant d’apatride, et puis autrichien pendant de longues années, j’ai toujours compris la raison. Vous ne pouvez pas agir contre le pays qui vous a accueilli.

jeudi 30 mars 2017

Elections

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Victor Ginsburgh

Un ami suisse (Philippe J.) me fait parvenir un article très drôle sur les élections françaises (ou autres, puisque la farce, parfois tragique comme aux Etats-Unis, est devenue universelle). L’auteur y propose que sa concierge se présente aux élections. Il cite dans cet article — que je vous suggère d’ailleurs fortement de lire (1) — une des propositions d’un certain Ferdinand Samuel Lop, qui s’est présenté plusieurs fois aux élections présidentielles françaises entre 1946 et 1958 avec des projets du type « extinction du paupérisme à partir de dix heures du soir ». Si cette extinction était répétée jour après jour, elle vaudrait sans aucun doute autant, si pas mieux, que l’allocation universelle.

Ceci m’a évidemment donné envie de découvrir M. Lop, qui avait bien d’autres idées toutes plus originales les unes que les autres ; en particulier :

- la construction d'un pont de 300 m de large pour abriter les sdf ;
- la nationalisation des maisons closes pour que les filles puissent avoir les avantages de la fonction publique ;

lundi 27 mars 2017

Longévité et dépenses de santé

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Pierre Pestieau

Les relations entre dépenses de santé et longévité sont très ambiguës. La concomitance entre la croissance des dépenses et celle de l’espérance de vie conduit souvent à des causalités discutables. C’est ainsi que sur base des recherches les plus récentes on peut faire deux affirmations quelque peu provocantes qui remettent en cause ces causalités. D’une part l’allongement de la vie et plus généralement le vieillissement n’expliquerait qu’une très faible partie de l’explosion des dépenses de santé. D’autre part, les dépenses de santé n’expliqueraient qu’une partie réduite de la chute de la mortalité.

jeudi 23 mars 2017

Pauvre Molière

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Pierre Pestieau

S’il avait su que son nom d’auteur allait être utilisé à des fins identitaires douteuses, Molière aurait surement gardé son patronyme d’origine, à savoir Poquelin. Comment en est on arrivé là? Il y a une vingtaine d’années, une directive européenne a autorisé qu’un travailleur issu d’un Etat de l’Union européenne puisse être détaché dans un autre Etat membre tout en gardant les conditions de rémunération et étant assujetti à la sécurité sociale de son pays d’origine. En principe, le travail détaché devait répondre à un besoin de main d'œuvre spécifique et temporaire dans un domaine précis. Très rapidement la pratique du détachement s’est répandue. La France est le deuxième pays d’accueil derrière l'Allemagne et devant la Belgique. Le nombre de travailleurs détachés y est passé de 38 000 en 2006 à 210 000 en 2013 et 286 000 en 2015. Les trois premières nationalités concernées par les détachements en France sont les Polonais (46 000), les Portugais (44 000) et les Espagnols (35 000). Ils œuvrent essentiellement dans le secteur du bâtiment et des travaux publics.

Prenons les démences au sérieux

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Victor Ginsburgh

Je veux souscrire à l’enthousiasme de mon co-bloggeur Pierre au sujet des soucis que nous pouvons nous faire en prenant de l’âge, notamment, en pensant au vieux monsieur qu’est devenu Alois Alzheimer.

Je vous explique d’abord. Il y a plusieurs types de démences, des « graves » et des « encore plus graves ». Je ne vous donne pas leurs noms complets parce que de toute façon, vous ne vous en souviendrez pas. Je vous livre donc uniquement les initiales : FTD, SD, PNFA et AD.

jeudi 16 mars 2017

Un Wall-dorf Astoria s’ouvre à Bethlehem

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Victor Ginsburgh

Malgré les exactions, arrestations et assassinats perpétrés par l’armée israélienne à Bethlehem et environs, la Palestine se porte « très bien ». Pour attirer les touristes, Banksy, le célèbre empêcheur de penser en rond connu pour son art urbain (https://en.wikipedia.org/wiki/Banksy) vient de décorer un super hôtel, The Walled Off Hotel, dont je vous laisse tranquillement découvrir les surprises plus bas. Le propriétaire en fait la promotion en expliquant que c’est l’hôtel avec la plus belle vue sur la Mer Méditerranée — un peu difficile à Bethlehem, mais il y a des longues vues dans les chambres, qui sont d’ailleurs les plus confortables au monde.

Le prix du voyage en avion jusqu’à Tel Aviv est compris dans celui de la chambre.

A la descente de l’avion, vous serez soumis à un contrôle léger et amusant par de jolies jeunes filles déguisées en méchants soldats. Vous aurez la permission d’entrer dans le pays si vous n’avez pas signé, comme je viens de le faire, votre adhésion au mouvement Boycott, Divestment and Sanctions (BDS) contre Israël et/ou les produits qui sont fabriqués dans les colonies (1).

 (1) Israel Parliament approves travel ban for foeign supportes of BDS movement,
Independent, March 7, 2017

Yotam Berger, Police Police Detain Prominent Israeli American Activist for Alleged Possession of BDS Material, Haaretz, March 13, 2017

Fortiches

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Pierre Pestieau

Ils sont décidemment fortiches ces candidats à la présidence de la République française qui débattent à longueur de journées sur les différentes chaînes de télévision. Ils ont non seulement un avis sur tout mais ils ont la solution à tous les problèmes. Sont-ils si forts ou plutôt diablement gonflés ?

Quand je pense aux questions dont ils traitent, je me demande souvent ce que je ferais à leur place. Je dois avouer que je ne sais pas et je me demande comment ils peuvent avoir autant d’assurance.
Je prendrai trois grandes questions : l’emploi, l’éducation, et la santé. Ce sont des questions centrales qui sont au cœur de la crise de nos Etats providence.

jeudi 9 mars 2017

Usure de la compassion. Usure de l’indignation

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Pierre Pestieau

Est ce un phénomène nouveau? Ou est-ce dû à l’âge ? Il me semble que nous vivons dans un monde où nous avons perdu notre capacité de compatir et de nous indigner. Et pourtant les raisons ne manquent pas.

Les media, la presse, la télé et le web nous inondent d’images chaque fois plus horribles sur la misère dans le monde et la cruauté des guerres. Sur le petit écran, on peut voir des images qui n’auraient jamais été diffusées il y a quelques décennies. Pour voir des images de la shoah, il a fallu attendre de longues années, bien après la fin de la guerre. Aujourd’hui, les images les plus atroces sont livrées au grand public sans plus aucune précaution. Je me souviens des événements qui ont suivi l’indépendance du Congo. Nous avions une seule radio à la maison. Au moment où le ministre des affaires étrangères allait parler des viols de religieuses par des soldats révoltés, on demandait à nos parents de nous éloigner du poste. Il y a quelques jours, le journal de 20H montrait avec force détails un enfant dont les jambes étaient arrachées par un éclat d’obus. La plupart des gens qui ont vu ces images étaient sans doute en train de dîner et je doute qu’ils en aient perdu l’appétit.

Les Français et la science

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Victor Ginsburgh

On a récemment beaucoup parlé du projet TRAPPIST (TRAnsiting Planets and PlanetesImals Small Telescope) dont le nom ne peut être que belge. Il est dirigé par Michaël Gillon, professeur à l’Université de Liège et sa collaboratrice Valérie Van Grootel. Bien entendu d’autres astrophysiciens non belges y participent. Il s’agit de la découverte de sept exoplanètes où la vie aurait peut-être apparu, comme elle l’a fait sur notre bonne vieille terre, aujourd’hui dans de sales draps.

Exoplanètes tournant autour de la France
Il est intéressant et significatif de voir comment les journaux français ont fait part de cette découverte. Commençons par Le Monde (1). Presque toujours honnête, et c’est ce qui en fait un grand journal, Le Monde annonce la couleur belge dans sa treizième ligne, mais sans nommer personne :

« La maman, c’est l’étoile Trappist-1 ; les enfants, sept planètes rocheuses … dont une équipe internationale emmenée par des chercheurs belges de l’Université de Liège ont annoncé la découverte… ».

Le Figaro (2) déclare :

jeudi 2 mars 2017

Un Etat ou deux Etats en Palestine-Israël ?

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Victor Ginsburgh

On ne fait que parler de la solution à un ou à deux états, mais que se passe-t-il sur place, à l’ombre fraîche des discours de Netanyahou, Blair, Trump dont deux sont déjà des criminels de guerre, en attendant que le troisième s’y mette.

Mohammed-Aamar Jala, 25 ans est en route pour sa dernière séance de chimiothérapie en novembre 2016. Il se rend compte qu’il a pris un taxi qui allait dans la mauvaise direction.
Découvrant son erreur, il en descend et traverse la route pour attraper un taxi qui va dans l’autre sens. Il est gravement blessé par des soldats israéliens qui prétendent qu’il avait l’intention de les attaquer avec un outil destiné à aiguiser des couteaux.

L’effet Matthieu

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Pierre Pestieau

Il y a différentes façons d’interpréter les dysfonctionnements de l’Etat providence. On peut d’abord observer que les ressources dont il dispose ne sont pas utilisées efficacement. En d’autres termes, avec moins de ressources, il serait possible de fournir autant de services. C’est ce qu’on appelle l’inefficacité. Par ailleurs, même si les ressources  étaient efficacement utilisées, il est possible que certains programmes sociaux initialement ciblés sur les plus pauvres, bénéficieraient essentiellement aux classes moyennes. Il y aurait détournement : conçus initialement pour aider  ceux qui ont le moins, ces programmes accroîtraient les inégalités relatives.

Ce mécanisme de détournement par lequel les plus favorisés tendent à accroître leur avantage sur les autres est parfois désigné sous le terme d’effet Matthieu, en référence à une phrase de l'évangile selon saint Matthieu : « Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a. »  La paternité de ce terme n’est pas claire. Il serait dû au sociologue américain Robert K. Merton et à l’économiste belge Herman Deleeck (1). Ces derniers et d'autres chercheurs par la suite ont utilisé la formule d'effet Matthieu dans différents contextes, notamment dans les politiques de santé et d’éducation.

jeudi 23 février 2017

Une résignation alarmante

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Pierre Pestieau

La lecture sans doute trop rapide du programme du candidat officiel du Parti socialiste français, Benoit Hamon, me laisse perplexe à propos de deux idées phares, à savoir son option pour une croissance zéro et sa résignation à laisser la France se robotiser.

Depuis de nombreuses années, la France et plusieurs de ses voisins connaissent une croissance nulle or la croissance nulle peut être un objectif de politique économique pour un gouvernement soucieux de développement durable et de protection de l’environnement. Il faut distinguer la croissance nulle subie et la roissance nulle voulue. La croissance zéro que nous subissons aujourd’hui avec ses conséquences en termes de chômage et d’inégalités n’est pas semblable à une croissance zéro que nous choisirions au nom de principes écologiques et plus largement moraux. L’idée n’est pas neuve. Il y a près de 50 ans le Club de Rome et des économistes du MIT défendaient cette idée (1).

Les livres de mes amis

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Victor Ginsburgh

Ils ne sont pas des Anatole France et leurs livres ne sont pas son Livre de mon ami. Mais ils sont mes amis, de vieux amis d’ailleurs, près de 60 ans de cheminement avec l’un, et au moins 40 avec l’autre. Le premier défend (pas trop, mais quand même un peu) la colonisation belge au Congo, où nous avons vécu tous les deux ; je ne partage pas entièrement son avis sur le bien qu’elle aurait pu apporter aux colonisés. Le deuxième est un homme constant de la gauche ; j’avoue que j’ai failli de temps à autre d’en être, mais suis revenu à de meilleurs sentiments.

André Schorochoff, m’a offert son livre. Par contre, j’ai dû acheter l’autre, celui de Mateo Alaluf (et Daniel Zamora). C’est bien la raison pour laquelle j’en parle en second lieu. On a beau être de gauche, 10 €, c’est 10

mercredi 15 février 2017

Les vérités alternatives de Donald

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Victor Ginsburgh

Lorsque M. Trump considère que quelque chose est vrai, cela devient la vérité (Sean Spicer, attaché de presse à la Maison Blanche) (1)

Donald flanqué de ses sbires à sa gauche (pas très nombreux) et à sa droite vient de faire une conférence de presse sur la disparition des dinosaures. Alors qu’aujourd’hui on pense que ces bestioles ont disparu il y a quelque 66 millions d’années, suite à des changements climatiques (des incendies sur toute la terre, suivis d’une année au moins sans lumière solaire (2)) provoqués par un astéroïde qui aurait percuté la terre.

Mais Donald propose quelques vérités ou réalités alternatives qui avaient été énoncées dans le passé (3) et qui sont bien plus vraies que la vérité. Même si ce qui suit n’est pas la vérité, cela pourrait un jour le devenir.

Superstructure

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Pierre Pestieau

Les sociologues aiment distinguer les types d’Etat providence. Citons deux taxonomies classiques. Il y a d’abord la typologie duale qui oppose deux grands modèles : l’État-providence bismarckien, créé en Allemagne en 1880, et l’État-providence béveridgien, apparu au Royaume-Uni après la Seconde Guerre mondiale. Le premier est fondé sur le mécanisme des assurances sociales, dans lequel les prestations sont la contrepartie de cotisations, tandis que le second, financé par l’impôt, fournit des prestations uniformes à tous les membres de la société. Il y a aussi  la typologie ternaire du sociologue danois Espingo-Andersen qui distingue trois modèles. D’abord, un modèle libéral dans lequel l’État n’intervient qu’en dernier recours et le rôle principal revient aux mécanismes de marché. Les pays archétypes de ce modèle sont le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Australie. Ensuite, le modèle familio-corporatiste où la qualité de la protection sociale dépend de la profession et des revenus, selon une logique d’assurance. La famille y joue un rôle prépondérant.  Relèvent  de ce modèle l'Autriche, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique et la France. Enfin, le modèle social-démocrate qui vise à renforcer la possibilité d’une indépendance individuelle. Les principaux pays qui se rapprochent de ce modèle : Danemark, Finlande, Pays-Bas, Norvège et Suède.