jeudi 1 décembre 2016

Retraites: débat d’idées et réalités changeantes

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Pierre Pestieau

Il y a au moins quarante ans que l’on se préoccupe de l’avenir des systèmes de retraite dans la plupart des pays européens et que l’on parle de reformes nécessaires pour assurer leur pérennité et éviter que les générations à venir doivent payer pour l’incurie présente. En attendant, le temps passe et les générations futures deviennent les générations présentes. Il peut être intéressant de refaire un peu d’histoire des faits et des idées en matière de retraites.

Apres la seconde guerre mondiale, les nations européennes se trouvaient avec des caisses vides et des personnes âgées sans ressources. Il fut alors décidé d’instaurer un système de retraite par répartition, entendant par là que les retraites étaient financées par les cotisations des actifs. C’était la bonne solution mais elle impliquait une dette sur l’avenir. Il n’y a pas de déjeuner gratuit (There is no free lunch). Ces premières retraites avaient une série de caractéristiques qui perdurent encore partiellement aujourd’hui. Elles étaient financées conjointement par l’employeur et l’employé. Elles étaient à prestations définies, entendant par là que quelque soit la conjoncture le retraité s’attendait à recevoir une fraction constante de ses revenus d’activité. Elles comprenaient un âge cible de départ à la retraite (typiquement 65 ans) qui au début était au dessus de l’âge moyen auquel on mourrait et qui aujourd’hui est bien en–deçà. Enfin, les systèmes de retraites étaient publics, ce qui n’excluait pas que les retraités les plus aisés puissent aussi vivre de leur épargne.

Mensonge des mensonges : tout n’est que mensonge

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Victor Ginsburgh

Voici quelques autres fabriqués par l’une ou l’autre multinationale. En fait toujours la ou les mêmes, qui modifient génétiquement les plantes, qui produisent les désherbants et autres pesticides, et qui rendent les plantes stériles de façon à obliger les cultivateurs à racheter des nouvelles semences, elles-mêmes stériles. Je n’ai pas besoin d’énoncer les noms, vous voyez tout de suite de qui je veux parler.

Le New York Times vient de publier deux articles sur les « promesses généreuses et non tenues » des plantes génétiquement modifiées (1).

La promesse était double : En immunisant génétiquement les plantes contre les effets des herbicides et autres petites bestioles, elles deviendraient tellement robustes qu’elles n’auraient plus besoin de pesticides et les récoltes gigantesques qui en résulteraient permettraient enfin de nourrir enfin tous les malheureux de la terre qui n’ont rien à se mettre sous la dent.

En fait, ce qui s’est passé, c’est que ces firmes si généreuses se sont plutôt assurées un triple dividende : (a) tirer des revenus et de la vente des produits génétiquement modifiés, (b) produire les semences stériles de façon à rendre obligatoire le rachat de nouvelles semences chaque année et (c) vendre des herbicides qui continuent d’être « nécessaires » pour liquider les mauvaises herbes que cela n’empêche guère de pousser autour des OGM. Il fallait qu’elles soient de fieffées salopes pour rendre les plantes génétiquement modifiées stériles et résistantes aux herbicides, puisqu’on pouvait maintenant déverser sur elles des quantités plus importantes d’herbicides sans leur faire de tort. A malin, malin et demi.

mercredi 23 novembre 2016

Ilomantis ginsburgae

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Victor Ginsburgh

Mon nom est préservé pour l’éternité. Il vient en effet d’être attribué à une famille de mantes (religieuses…) découvertes à Madagascar dont je vous donne à voir un exemplaire. Elle est verte (pas sur l'image en tout cas), son corps est plat, ses yeux coniques et ses ailes sont veinées pour qu’elle puisse se faire passer pour une feuille. Tout ceci la fait ressembler à toutes les mantes que vous connaissez, à condition que vous ne la regardiez pas sous une loupe ou mieux, au microscope.

Ce nom de famille fait honneur à une juge démocrate de la Cour Suprême des Etats-Unis, Ruth Bader Ginsburg (1), première femme nommée à ladite Cour, qui, à 83 ans, lutte pour ne pas quitter sa fonction sans l’assurance que son siège sera attribué à un(e) autre juge libéral(e). Elle s’est de plus montrée « implacable dans sa lutte en faveur de l’égalité des genres ». La mante en question est elle aussi pionnière, puisqu’elle a été classée sur base des caractéristiques de son appareillage reproductif (féminin), alors que les classements biologiques des espèces s’établissait jusqu’à présent à partir des particularités mâles. Sydney Brannoch, auteure de l’article scientifique (2) qui définit cette nouvelle classe explique : « En tant que biologiste féministe, je me suis souvent demandé pourquoi ce sont presque systématiquement les mâles qui sont utilisés pour diagnostiquer les espèces. J’espère que mon travail créera non seulement un précédent dans la taxonomie, mais qu’il souligne aussi la nécessité d’examiner les deux sexes dans les investigations scientifiques » (3).

Dont acte.