mercredi 15 février 2017

Les vérités alternatives de Donald

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Victor Ginsburgh

Lorsque M. Trump considère que quelque chose est vrai, cela devient la vérité (Sean Spicer, attaché de presse à la Maison Blanche) (1)

Donald flanqué de ses sbires à sa gauche (pas très nombreux) et à sa droite vient de faire une conférence de presse sur la disparition des dinosaures. Alors qu’aujourd’hui on pense que ces bestioles ont disparu il y a quelque 66 millions d’années, suite à des changements climatiques (des incendies sur toute la terre, suivis d’une année au moins sans lumière solaire (2)) provoqués par un astéroïde qui aurait percuté la terre.

Mais Donald propose quelques vérités ou réalités alternatives qui avaient été énoncées dans le passé (3) et qui sont bien plus vraies que la vérité. Même si ce qui suit n’est pas la vérité, cela pourrait un jour le devenir.

Superstructure

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Pierre Pestieau

Les sociologues aiment distinguer les types d’Etat providence. Citons deux taxonomies classiques. Il y a d’abord la typologie duale qui oppose deux grands modèles : l’État-providence bismarckien, créé en Allemagne en 1880, et l’État-providence béveridgien, apparu au Royaume-Uni après la Seconde Guerre mondiale. Le premier est fondé sur le mécanisme des assurances sociales, dans lequel les prestations sont la contrepartie de cotisations, tandis que le second, financé par l’impôt, fournit des prestations uniformes à tous les membres de la société. Il y a aussi  la typologie ternaire du sociologue danois Espingo-Andersen qui distingue trois modèles. D’abord, un modèle libéral dans lequel l’État n’intervient qu’en dernier recours et le rôle principal revient aux mécanismes de marché. Les pays archétypes de ce modèle sont le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Australie. Ensuite, le modèle familio-corporatiste où la qualité de la protection sociale dépend de la profession et des revenus, selon une logique d’assurance. La famille y joue un rôle prépondérant.  Relèvent  de ce modèle l'Autriche, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique et la France. Enfin, le modèle social-démocrate qui vise à renforcer la possibilité d’une indépendance individuelle. Les principaux pays qui se rapprochent de ce modèle : Danemark, Finlande, Pays-Bas, Norvège et Suède.

mercredi 8 février 2017

Les deux plaies de l’Etat providence

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Pierre Pestieau

Comme on l’a souvent souligné le défi majeur auquel fait face l’Etat-providence est de progressivement s’adapter à une réalité changeante qu’il s’agisse de la structure familiale, de l’évolution démographique ou du marché du travail. Mais outre ce défi, l’Etat-providence semble connaître deux gros problèmes. D’abord, les personnes, les partis et les syndicats, qui sont censés en assurer la pérennité semblent souvent freiner des réformes pourtant nécessaires. En outre ceux qui devraient être les principaux bénéficiaires des programmes sociaux semblent témoigner par leurs opinions et leurs votes d’une méfiance croissante à l’égard de l’Etat providence. Il me semble essentiel de comprendre les raisons qui peuvent expliquer ces deux phénomènes, que l’on peut considérer comme les deux plaies dudit Etat-providence. C’est de cette compréhension que l’on pourra dégager une stratégie de contre-offensive.

Le consul et l’immigration « illégale »

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Victor Ginsburgh

Par un heureux hasard, je viens d’acheter, lors d’un court séjour à Paris, le petit livre de Salim Bachi, Le consul (1). En exergue, une phrase de Saint François d’Assise, celui qui parlait aux oiseaux, mais aussi aux hommes : « L’homme obéissant doit être comme un cadavre qui se laisse mettre n’importe où, sans protester ».

Ce consul, Aristides de Sousa Mendes, représentait le Portugal à Bordeaux en juin 1940, au moment de l’invasion de la France par Hitler. Il a donné, en quelques jours, des visas et des faux passeports à trente mille réfugiés de toutes provenances (dont 10.000 Juifs) pour leur permettre de passer la frontière espagnole, d’atteindre le Portugal, et de prendre un bateau en partance vers des destinations sans doute hasardeuses, mais plus enviables que la mort qui les attendait en France.